#DigiLex écoResponsable

Compte-rendu de la rencontre du 26 juin 2019 en partenariat avec La Croix

Transition écologique : des entreprises responsables, des salariés engagés

Face aux défis écologiques, les pouvoirs publics et les entreprises vont devoir de plus en plus faire évoluer leurs pratiques, leurs produits et leurs services sous la pression des citoyens et des consommateurs. Si les entreprises changent, elles doivent aussi le faire avec leurs salariés et partenaires. Au risque sans cela de donner le sentiment de l’illusion pour ne pas dire du greenwashing.

L’engagement des entreprises et des salariés face aux enjeux écologiques peut s’inscrire dans la raison d’être de l’entreprise et dans son histoire à l’image des Boulangeries Poilâne. Aussi, sa PDG Appolonia Poilâne, boulangère de formation, représente la troisième génération. Autre grand témoin présent lors de la matinée : Beena Paradin Migotto, PDG de Beendhi qui entend «augmenter la part de végétal dans l’assiette des Français».

Une initiative portée par les dirigeants

Une assiette qui est au cœur de l’attention de Guillaume Marolleau, responsable digital du Groupe Fleury-Michon qui souhaite «aider les hommes à mieux manger chaque jour». La mission consiste à répondre à la question : «Comment améliore-t-on ce que mangent les Français ?» Il s’agit, pour lui, de «redonner de la valeur à l’alimentation». Cette attention au produit est présente dans le quotidien de l’entreprise comme l’explique Apollonia Poilâne. «On veut l’inculquer dans la fabrication au quotidien».  Elle évoque «la passion, l’attention aux détails et la culture des 5 sens au service de cette qualité du produit». 

Le dirigeant y joue un rôle crucial. Pour Guillaume Marolleau, «la transformation digitale est d’abord une transformation humaine. Elle doit être portée par la direction». Apollonia Poilâne insiste, quant à elle, sur «la transmission de la pratique» tout comme l’importance de partager les mêmes valeurs. 

Un changement de prisme nécessaire

L’ensemble des parties prenantes se doit d’être impliqué. Aussi, Beena Paradin Migotto explique sa démarche : «on essaie d’avoir une approche nouvelle et cohérente avec les principes de la Responsabilité sociale des entreprises (RSE) avec les salariés, fournisseurs, clients». Guillaume Marolleau interroge : «comment remet-on le consommateur dans la communication ?» Il déplore : «on a perdu le bon sens. On veut tellement tout dire qu’on en a perdu le sens». Pour lui, les consommateurs se doivent d’«être au centre de la démarche» de l’entreprise en louant une reconnexion avec «les attentes des consommateurs». Le directeur du digital évoque ainsi la campagne de Fleury-Michon «Venez vérifier». Aussi, le produit reste le maître. Apollonia Poilâne explique : «la qualité de nos produits est notre meilleure ambassadrice». 

Une préoccupation qui se manifeste davantage avec la loi PACTE rappelle Vincent de Feligonde, chef du service Economie de La Croix. «Elle a donné une impulsion forte sur le changement d’état d’esprit des entreprises.» Il s’agit de porter son attention en agissant «pour l’environnement, les fournisseurs et les clients». Il relève aussi l’évolution des statuts à l’image des entreprises B-Corp. «Devenir une entreprise B-Corp, c’est un vrai enjeu pour une entreprise comme la nôtre. Cela fait partie de nos réflexion» note Beena Paradin Migotto. 

Pour autant, il s’agit de faire face à un certain nombre de défis. Ceux-ci sont de nature multiple. Il en va pour les ressources humaines ou encore «les freins et les blocages» déplorés par Guillaume Marolleau. «Beaucoup de contraintes réglementaires sont très étonnantes» explique Beena Paradin Migotto. Aussi, pour Guillaume Marolleau, «il faut faire sauter ces barrières».  

Autre enjeu clé : le financement comme l’explique le sénateur Jérôme Bignon. Elu de la Somme, il préside une banque alimentaire depuis 25 ans. «Le financement de la transition est un vrai sujet». Pour lui, «il faut révolutionner méthode de culture et d’élevage.» Le parlementaire explique ainsi que «90% du porc bio en France est importé du Danemark.» Un sujet majeur qui sera «très vite de nouveau sur la table». Il sera regardé avec attention par les spécialistes des assiettes des Français.

 

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Débat organisé en partenariat avec La Croix

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