#EmbodiedAI Work in progress
Construire l’autonomie stratégique européenne
Notre think tank engage des travaux sur l’IA physique et la robotique industrielle
L’intelligence artificielle (IA) quitte progressivement les seules infrastructures numériques pour entrer dans les machines et agir sur le monde réel.
Robotique, drones, véhicules, dispositifs médicaux, usines, satellites deviennent les terrains de déploiement d'une intelligence capable de percevoir son environnement, d’apprendre et de s’adapter en réalisant des tâches de plus en plus complexes.
Cette évolution constitue une rupture industrielle majeure. La robotique passe d’une automatisation essentiellement programmée à une autonomie adaptative, alimentée par les données, les modèles d’intelligence artificielle et l’expérience accumulée dans les environnements réels. La robotique industrielle devient l’un des principaux terrains de la compétition entre les grandes puissances économiques.
:: Nos travaux
Forte de ses travaux, en particulier sur le RGPD, sur les transferts transfrontaliers de données, sur la réalité augmentée, sur les jumeaux numériques, sur l’intelligence artificielle (IA) à impact positif et sur le soft power européen, La villa numeris constitue un groupe de travail réunissant des entrepreneurs et des experts avec pour ambition de mettre en avant les attentes et de valoriser les initiatives des acteurs tout en veillant à être concrêt. La donnée industrielle doit devenir un combat politique. Neutre et engagée, La villa numeris porte un discours original et inédit sur l’idée de communs européens.
Axes de travail :
- Comprendre la chaîne de valeur européenne
- Organiser l’accès aux données industrielles
- Accélérer le passage à une plus grande échelle
- Stimuler une demande industrielle européenne
- Construire des infrastructures européennes communes
- Développer les compétences et la confiance dans l'écosystème européen
Nous souhaitons identifier les règles à écrire plutôt que de les subir. En matière de normalisation (sécurité, interopérabilité, gouvernance homme-machine), les règles seront d’autant mieux appliquées que les industriels auront été associés à leur élaboration. Les conclusions des travaux seront publiques.
Calendrier
- Automne 2026 : entretiens
- Janvier 2027 : rédaction
- Février 2027 : publication
Ressources et documents de travail réservés aux membres en bas de page👇
:: Le constat
Selon le rapport 2025 de l’International Federation of Robotics (IFR), l’Europe décroche. L'Asie a concentré 74 % des nouvelles installations de robots en 2024, contre 16 % en Europe et 9 % aux Etats-Unis. La Chine en a installé à elle seule plus de la moitié tout en montant en gamme. Coupée des couches critiques (processeurs graphiques, modèles de fondation pour les robots), l’Europe peut prendre un retard préjudiciable.
Ces chiffres ne signifient pas que l’Europe soit absente de la robotique. Elle conserve des compétences scientifiques et industrielles importantes dans l’automatisation, la mécatronique, les machines-outils, les systèmes embarqués, la sécurité, les logiciels industriels et la collaboration entre l’humain et la machine. La robotique demeure essentielle au maintien d’une industrie manufacturière européenne compétitive et à la préservation de millions d’emplois.
La bascule de la chaîne de valeur sera d’autant plus grande, pour ne pas dire violente, que les robots accumulant des milliers d’heures de production deviennent des fournisseurs de données d’entrainement qu’il est impossible de répliquer sans accès direct aux environnements industriels. La donnée d’usage s’impose comme un véritable actif stratégique. Ceux qui ne robotisent pas aujourd’hui ne pourront pas entraîner leurs modèles demain et perdront progressivement des pans de la chaîne de valeur.
Le réflexe protectionniste ne suffit pas à constituer à lui seul une politique industrielle. L’enjeu pour l’Europe n’est pas seulement de concevoir des robots. Il est de conserver en Europe la capacité de développer, entraîner, intégrer, exploiter, maintenir et faire évoluer les systèmes robotiques qui équiperont les usines de demain.
La question est de savoir comment transformer un avantage réglementaire européen (sécurité, interopérabilité, gouvernance des données, collaboration homme-machine) en avantage compétitif plutôt que de le vivre comme un handicap. La villa numeris entend porter une vision humaniste en posant la question d’une autonomie robotique pour quoi ? Et pour qui ? Réindustrialiser face au vieillissement démographique et à la pénurie de main-d'œuvre qualifiée devient un projet de société.
:: D’une souveraineté nationale à une autonomie stratégique européenne
Aucun Etat membre ne peut maîtriser seul l’ensemble de cette chaîne de valeur.
La France peut jouer un rôle moteur grâce à ses laboratoires, ses capacités industrielles, ses ingénieurs, ses infrastructures de calcul et son écosystème d’intelligence artificielle. Cependant, la réponse doit s’inscrire à l’échelle de l’Union européenne pour bénéficier des complémentarités industrielles de ses membres.
Cette ambition rejoint directement la feuille de route, European competitiveness Compass, qui place la réduction des dépendances, le comblement du retard d’innovation et l’adoption de l’intelligence artificielle et de la robotique parmi les priorités de l’Union. L’Europe doit transformer ses exigences en matière de sécurité, d’interopérabilité, de gouvernance des données, de cybersécurité et de collaboration entre l’humain et la machine en avantage compétitif.
Les travaux de La villa numeris contribuent à définir la place des parties prenantes dans cette volonté européenne et les coalitions qui pourront être construites avec ses partenaires.
:: Pour aller plus loin
- Kickoff. Compte-rendu de la réunion de lancement du 19 octobre 2026 🔐 >> Télécharger