Carnet de voyage

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Voyage d’étude | Hiver 2026

Inde: un enthousiasme communicatif

Une délégation de La villa numeris plonge au cœur de la Tech indienne, à Bangalore, puis au «India AI Impact Summit» de New Delhi

Estimant que l'Inde est injustement prise en considération, forte d’un premier voyage d’étude en 2025, La villa numeris organisait un nouveau déplacement à l’attention de ses membres et partenaires du 15 au 20 février 2026.

En attendant la publication du compte-rendu des rencontres, nous vous proposons un carnet de voyage au jour le jour.

Day 1 l Dimanche 15 février 2026

Nous voilà arrivés à Bangalore. Au cœur de l’écosystème de la Tech indienne. Saison 2. Une dizaine de membres de La villa numeris se sont retrouvés aujourd’hui pour de premières rencontres.

Cette année, nous avons décidé de commencer par une découverte de la ville, des temples et monuments, et pour une partie de notre groupe du Museum of Art and Photography (MAP), guidé par Bary, surnom d’une contraction en hommage à Madame Bovary. C’était une bonne manière de rentrer par la mythologie et l’histoire au prisme de la modernité d’un lieu architectural moderne et épuré et d’une technologie employée à bon escient pour favoriser les interactions.

Ensuite, nous avons plongé directement dans les IA et l’écosystème. Accueil très chaleureux par une vingtaine d’entrepreneurs indiens, qui ont renoncé à regarder un match de cricket pourtant sport national, réunis par Jose Jacob K, au sein de The India Advantage Summit [TIA Summit], pour un premier tour d’horizon des enjeux et des forces en présence à la veille du Sommet de l’IA de New Delhi. Suivi d’un dîner avec des entrepreneurs français installés à Bangalore à l’enthousiasme communicatif. Autant dire que notre voyage débute sous les meilleurs auspices.

Day 2 l Lundi 16 février 2026

Si les voyages forment la jeunesse, l’inverse est aussi vrai. La jeunesse indienne nous aiguillonne. Plus de la moitié des 1,4 milliard d’indiens a moins de 25 ans. Notre journée était placée sous le signe de son dynamisme. Notre lundi a commencé par la visite de l’Alliance University, université privée en pointe notamment en technologie et en ingénierie. Au discours de présentation de l’établissement et de sa stratégie par les dirigeants et les professeurs, a succédé une démonstration passionnante des travaux de recherche, en laboratoire, par les étudiants au « Centre of excellence in computer vision », avec 6 projets particulièrement inventifs.

Nous serions bien restés plus longtemps mais des investisseurs nous attendaient pour un panorama du tissu entrepreneurial de Bangalore et des start-ups dans lesquelles ils investissent. Sans répit, nous avons ensuite rencontré les jeunes fondateurs de BaseThesis, un laboratoire de création d'entreprises explorant les frontières de l'interaction homme-machine à l’avenir prometteur. Pour terminer la journée, nous avions rendez-vous au Consulat général de France à Bangalore qui accueillait les nombreuses délégations françaises à la veille de l’ouverture de l’année franco-indienne de l’innovation à Bombay et du Sommet de l’IA à New Delhi. L’action et la mobilisation pour « vendre » la France du consultat et de Business France est à saluer. Preuve de leur investissement et de leurs succès, de nombreux entrepreneurs expatriés étaient présents rejoints par les membres de Business France India, La French Tech India, Numeum et bien sûr de notre délégation.

Les expériences ne demandent qu’à être partagées.

Day 3 l Mardi 17 février 2026

Shiva 2.0. Les êtres sont joueurs. Les robots sont ludiques. Rien de mieux pour commencer une journée que d’aller découvrir le laboratoire de CynLr qui conçoit des machines qui savent prendre en main, si on peut dire, des objets en tenant compte de leurs poids, formes, couleurs et imperfections. Un des premiers débouchés sera dans l’assemblage des automobiles où aujourd’hui encore seule la main des ouvriers est à même de rentrer dans l’habitacle pour les dernières poses et serrages de boulons. C’est autant de temps qu’il faudra redonner aux employés pour qu’ils puissent se former.

Il faut être en mouvement dans un monde qui bouge. « Mobilis in mobile » est le moto du Capitaine Nemo et de son sous-marin, le Nautilus, dans Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne. Assurément, c’est le mantra de Rham, entrepreneur emblématique de Bangalore, qui a fondé DriveU, un service non pas de VTC mais de chauffeurs qui conduisent votre voiture qui nous avait séduit par sa vision quand nous l’avions rencontré la première fois. Il tenait à partager avec notre délégation, au regard affuté, de nouveaux projets que nous tairons ici car ils relèvent encore du secret des affaires.

Nous avons quitté ensuite les véhicules, au sens propre comme au figuré, pour déjeuner, dans un restaurant grec où toutes les cuisines du monde étaient à la carte sauf étonnamment celle du Pays des Hellènes, avec le fondateur de Smartail, que nous avions découvert à Station F il y a quelques mois, et dont l’application permet aux professeurs de réduire le temps de correction des copies de leurs élèves de 60%. L'idée n’étant pas de donner plus de devoirs aux étudiants mais bien de leur consacrer plus de temps, de les accompagner. Il suffisait de franchir, à nos risques et périls tant les voitures ne s’arrêtent jamais, la rue pour rejoindre le campus de l'Institut indien de gestion de Bangalore pour découvrir son incubateur de start-ups et d’étudiants entrepreneurs, le NSRCEL, dans un lieu monumental enfoui dans la verdure, propice à la création et à l'accompagnement.

La plupart des entrepreneurs que nous avons rencontrés ensuite chez Bhive Workspace sont encore au stade de la pose de leurs idées avec pour ambition de les transformer en entreprises. Après de courtes présentations, en mode elevator pitch, de nos hôtes que nous étions heureux de retrouver, Ravindra M.K et Vijetha Shastry, et des interventions succinctes de notre part, les questions ont fusé sur la mise en œuvre ou le financement des projets, dans une ambiance aussi sympathique que dynamique, avant de se poursuivre de manière plus informelle dans la nuit qui tombait sur le rooftop.

Day 4 l Mercredi 18 février 2026

Happy. Arrivée en fanfare sur la musique entraînante et entêtante de Pharrell Williams en contraste avec une vingtaine d’étudiants plus proches du garde à vous devant leurs professeurs que de la décontraction propre à un campus lors de notre visite du GITAM Deemed University de Bangalore pour une démonstration de robots produits par Sirena Technologies. Les humanoïdes dansent. Nous les applaudissons. Humaniser la machine apaise sans doute les craintes. Anthropomorphisme, quand tu nous tiens.

Nous enchaînons ensuite avec la visite d’une université publique, l’Indian Institute of Science (IISc), un des plus prestigieux établissements indiens. Grand espace à une heure, en voiture, du centre de Bangalore, l’immeuble est monumental. Nous allons de démonstration en démonstration. Ici, un simulateur de conduite de camion en ville, là, le simulateur d’une balade citadine à vélo. En aucun cas, nous ne nous risquerions à le reproduire IRL. Et voilà déjà l’heure d’achever la première partie de notre voyage, à Bangalore. La moitié du groupe y prolonge le voyage pour une 5e journée tandis que l’autre rejoint New Delhi pour The India AI Impact Summit.

Nous repartons de Bangalore vivifiés par la détermination, le dynamisme, l’altruisme et la gentillesse de toutes celles et ceux que nous avons rencontrés. Qu’ils en soient ici remerciés chaleureusement. Pour que vive et se renforce l’amitié franco-indienne.

Day 5 & 6 | Jeudi 19 et vendredi 20 février 2026

Puissance 3. Arrivé à l’India AI Impact Summit, tout le monde semble avoir appris ses règles de trois. Le concept de 3e voie fait florès. Et chacun de rappeler les 3 piliers - les sutras - de l’événement centré sur l’humain, la planète et le progrès. Vaste et beau programme d’un Sommet souhaitant affirmer « le bien-être et le bonheur de tous ».

De manière plus prosaïque, 50.000 personnes sont annoncées et toutes attendent que les portes s’ouvrent une fois que les 80 délégations officielles seront passées. Le centre des congrès rappelle un peu le Palais des Expositions de la Porte de Versailles à Paris, impression renforcée par une mise en place de pavillons nationaux et de stands des plus grandes marques, type VivaTech. En attendant d’y pénétrer les délégations se retrouvent dans leurs hôtels rangées par nationalité, plus rarement par typologie, ici les start-ups, là les chercheurs, etc.

On arrive avec le souvenir encore vivace du Sommet de Paris. Mêmes acteurs, le Premier ministre indien Narendra Modī accueille le président français Emmanuel Macron. Les grands patrons sont là, les dirigeants de PME et de start-ups, qui ne sont pas plus petits pour autant, aussi. Il s’agit néanmoins cette fois-ci d’un sommet de pays émergents auquel la France est invitée. Face aux blocs chinois et US, la 3e voie est un concept intéressant, à condition d’en être. Au-delà des considérations géopolitiques, les jours sont rythmés par les déambulations dans le salon et des conférences si nombreuses que parfois les salles sont clairsemées y compris pour des pointures. Yann Le Cun, pour sa part, fait carton plein sur le pavillon français, convainquant un public hétéroclite par la précision et la simplicité de son analyse.

Ajoutez à cela, pour ma part, un plateau commun, en direct sur B Smart TV dans l’émission Smart Tech de Delphine Sabattier, avec Marion Carré, la fondatrice de Ask Mona. Son arrivée en rickshaw pour être à l’heure lui confère un air d’aventure. Et revoir Marion le jour suivant pour une session passionnante « Reimagining Cultural Heritage ». La réalité ne demande qu’à être augmentée.

C’est ainsi que s’achève notre voyage d’étude à Bangalore puis à New Delhi fort de rencontres instructives et enthousiasmantes. Nous en ferons une présentation aux membres de La villa numeris. Avec déjà une promesse : nous reviendrons.

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