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Une nouvelle ère financière pour une nouvelle gouvernance économique positive ?

Compte-rendu de la table-ronde sur la FinTech organisée à Bucarest le 13 juin 2019 dans le cadre de la Saison France-Roumanie.

Banques, assurances, acteurs traditionnels et géants mondiaux d'Internet, le monde de la finance est en profonde mutation.

:: La séance a débuté par une keynote sur les tendances de la Fintech par Joëlle Durieux, directrice générale de Finance Innovation, le pôle de compétitivité rassemblant toute l'industrie financière française.

«Finance Innovation réunit entreprises, start-ups et universitaires afin de favoriser des projets de R&D innovants et collaboratifs, en France et à l'international. L'innovation financière est au cœur de l'écosystème financier. Notre cluster vise à rassembler tous les acteurs de l'industrie financière, afin d'accélérer l'innovation et la recherche au sein de l'écosystème financier.

Nos priorités sont la banque, l'assurance, la gestion d'actifs, l'immobilier, l'économie sociale et solidaire : nous traitons très largement de tout le secteur financier.

Nos 3 missions sont d'identifier, de sélectionner et de certifier les fintechs les plus prometteuses, afin de les aider à croitre et à établir des partenariats avec les grandes entreprises financières, et aussi de faire la promotion d'outils financiers innovants pour les PME, et également d'agir en tant que Think Tank.»

«La Fintech est vraiment une grande révolution, à l'échelle mondiale, qui va changer le système financier mondial.»

«Entre 2016 et 2018, le niveau de maturité des sociétés Fintech est devenu très fort, avec des segments clés comme le paiement, le prêt, les néobanques ou l'assurance. L'Asie et l'Afrique du Nord sont les régions dominantes, mais l'Europe rattrape son retard.»

«Les Fintechs françaises n'ont jamais attiré autant d'investisseurs, avec un total de 370 millions d'euros levés en 2018 grâce à 74 opérations, ce qui place aujourd’hui la France en 4ème position en Europe.»

«Les GAFAs (Google, Amazon, Facebook, Apple) sont bien positionnés dans tous les savoir-faire, à l'exception du capital de confiance en capital et de la protection des données personnelles…»

«Nous aurons une redéfinition des emplois dans l'industrie financière, et les compétences techniques seront complétées par des compétences émotionnelles telles que l'empathie, le leadership, la créativité, parce qu'elles sont beaucoup plus difficiles à automatiser.»

«Notre objectif principal, en étant présent à cet événement en Roumanie, est de co-créer des projets au niveau européen. Nous devons rassembler nos forces pour faire face aux défis venant des géants comme les États-Unis, la Chine, l'Inde ou les GAFAs. L'Europe est vraiment la clé.»

:: Lucie Roulland, business developer Europe de l'Est, ARIADNEXT :

«ARIADNEXT est une entreprise qui aide les Fintechs avec leurs processus de KYC (Know Your Customers).»

«Les questions juridiques participent aux écosystèmes. Et ici, en Roumanie, certaines questions juridiques doivent encore être abordées. L'une des principales choses qui font défaut en Roumanie est la transposition de certaines directives de l'UE.»

«En tant qu'entreprise Fintech, nous devons nous associer à d'autres entreprises technologiques, parfois même avec des concurrents, pour le bien de l'utilisateur final... Cela profite à tout le monde !»

:: Mark Kepeneghian, CEO, Kriptown :

«J'ai décidé de fonder Kriptown principalement pour aider les PME et les start-ups à lever des fonds et pour donner des liquidités aux investisseurs de ce secteur.»

«En France, il y a beaucoup d'aversion au risque, et cela bloque parfois l'innovation. Nous devons donc éduquer les investisseurs potentiels sur les marchés financiers afin de les encourager à investir et d’ainsi aider l'écosystème à se développer.»

«En France, l'innovation vient d'abord des start-ups et des Fintechs. Les entrepreneurs en France sont vraiment innovants et intrépides !»

«Les banques ont fait des études prouvant qu'il est moins cher pour elles d'acheter une start-up une fois qu'elles a fabriqué un produit, que d'innover elles-mêmes...»

«La chose la plus importante pour les Fintechs est l'expérience utilisateur... Les banques ne sont pas douées pour ça. Elles sont très bonnes dans beaucoup de produits, mais elles ne savent pas ce que la jeune génération veut.»

«Quand vous êtes une Fintech, vous développez une idée, vous faites toute l'exécution et allez sur le marché, et le plus difficile pour vous est de trouver des clients finaux, surtout si vous êtes une Fintech BtoC. Pour les banques au contraire, trouver des clients est la partie la plus facile, car elles ont déjà les clients. Elles n'ont finalement qu'à acheter votre produit, et à le connecter à leurs clients, et elles savent que ce sera un succès.»

:: Edward Cretescu, consultant en affaires, Digidemat :

«Digidemat est une société franco-roumaine travaillant avec les équipes commerciales, pour les aider à numériser leurs processus administratifs, et résoudre des problèmes de bureaucratie. Nous travaillons beaucoup avec les Fintech : la moitié de nos clients sont des sociétés Fintech, mais aussi avec des institutions financières, ou de grandes entreprises.»

«Parfois, une grande entreprise refuse un projet au niveau local avec une start-up, puis quelques semaines après, le siège social peut dire à sa filiale : "vous avez vraiment besoin de le faire, faites-le maintenant !" Et l'accord est finalisé… »

«Dans les grandes entreprises, l'innovation vient régulièrement de l'intérieur, elles mettent les ressources ou créent des équipes dédiées distinctes.»

«Beaucoup de banques, ou de grandes entreprises en général, achètent des start-ups qui ont réussi non seulement pour l'idée, mais aussi pour avoir l'équipe qui l'a développée…

«Je pense que les banques roumaines en général sont un peu en avance en termes d'expérience client, par rapport à la moyenne des banques européennes.»

:: Sonia Cissé, avocate, Linklaters

«Je conseille mes clients avec tout ce qui concerne les question IT, la protection des données, la blockchain, l'intelligence artificielle... Et c'est ainsi que j'ai commencé à travailler avec les Fintechs...»

«D'un point de vue juridique, ce dont nous avons besoin en Europe, ce sont davantage de procédures de pratiques qui peuvent s'appliquer aux Fintechs.»

«Le jeu change dans les deux sens. Nous voyons beaucoup de start-up qui cherchent à se faire remarquer pour attirer des investisseurs, ainsi que de grandes entreprises qui créent des laboratoires, des centres de recherche et développement, afin d'être en mesure d'être plus compétitifs et d'intégrer de nouvelles technologies.»

«Si vous achetez une start-up au début, la seule chose qui vous intéresse, c'est leur Propriété Intellectuelles. Et plus la start-up est jeune, moins elle a d'ego. Donc, elle est très contente et excitée d'être achetée, et tout à fait prête à donner absolument tout pour très peu ...»

:: Andrei Benghea Malaies, cofondateur, maillon.io

«Nous avons lancé une appli sur le marché du crédit à la consommation, qui est disponible pour sur les points de vente pour les besoins de financement. Nous démocratisons l'accès aux solutions de crédit pour les petits détaillants et les détaillants spécialisés, via une application connectée aux banques, aux néobanques et à d'autres prêteurs potentiels, et qui est en mesure grâce à des solutions telles que Docusign et d’autres solutions KYC de recueillir des données et des informations sur l'acheteur physique, et d’envoyer des informations sur les besoins de crédit et les antécédents de crédit, et qui permet au client final de signer le contrat de prêt par voie électronique sur place, et de partir avec le produit qu'il souhaite acheter.

Nous sommes finalement en train de numériser l'ensemble du processus de crédit et d'offrir des options aux petits détaillants pour les aider à croître et à devenir plus concurrentiels. C'est vraiment une chance pour ces petits détaillants de survivre et de vendre des produits de meilleure qualité !»

«Si les progrès sont motivés soit par la peur, soit par la cupidité. Les banques et les grandes entreprises y arrivent lentement, mais la vitesse dans les pays plus matures est sensiblement différente de celle en Europe de l'Est. D'un point de vue réglementaire, la Roumanie est un peu lente et ce n'est pas toujours dans l'intérêt du consommateur. Nous espérons donc convaincre tout le monde d'investir dans cet écosystème, car à la fin, il bénéficiera aux consommateurs et à l'économie de l'Union européenne dans son ensemble, et contribuera à la compétitivité avec d'autres grands marchés sur la planète.»

«En termes de marché, de façon générale, les start-ups s'efforcent d'obtenir un avis et d'obtenir des partenariats avec les grandes entreprises dès le début. Et pour la Fintech, nous constatons quelques progrès : l'accélérateur BCR en est un bon exemple, qui conduit actuellement à des produits et des POC.»

«La Roumanie est un marché finalement de bonne taille pour démarrer, pour valider son produit, mais aussi pour obtenir des revenus de celui-ci. Et il y a une grande ouverture à essayer de nouvelles choses. Nous sommes assez courageux, donc dans l'ensemble, l'écosystème des start-ups en Roumanie reçoit un grand boost, et les Fintechs peuvent bénéficier de cette culture entrepreneuriale.»

«Il est important de s'associer avec les banques et de comprendre qu'il faut grandir dans cet écosystème !»

«Les Fintechs, c'est certain, ne seront pas en mesure de remplacer les banques, principalement parce que les gens veulent avoir une banque à laquelle ils peuvent parler, et les Fintech sont sont plutôt faites pour s'adresser à des segments ou des besoins spécifiques.»

Manifestation organisée dans le cadre de la Saison France-Roumanie

Comité des mécènes

 

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