Génération mobile first

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Compte-rendu du focus du 18 juin 2026

Les médias & l’IA par celles et ceux qui les utilisent

Notre think tank dévoilait une étude qualitative réalisée par l’institut OpinionWay dans le cadre de nos travaux sur les médias et l’IA

Les Français sont de plus en plus nombreux à utiliser des solutions d’intelligence artificielle (IA) pour s’informer.

C’était un des principaux enseignements du sondage OpinionWay - La villa numeris. Un Français sur dix s’informe au quotidien avec un robot conversationnel. Ils sont deux sur dix parmi les plus jeunes.

C’est précisément la catégorie d’âge à laquelle s’est intéressée la deuxième partie de l’étude qui a consisté à interroger des personnes représentatives sur leur consommation d’actualité. Ainsi, une sélection de jeunes Français a partagé, face caméra, ses pratiques informationnelles

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Une porte d’entrée de l’information

« Dès que je me réveille le matin, je regarde le téléphone, je vois les actualités », témoigne un jeune conducteur de train de 22 ans, que nous appellerons Martin. Un film issu des entretiens a été diffusé lors de la matinée de présentation qui « restitue la réalité des entretiens », explique Jean-Baptiste Leroux, directeur du département Média d’OpinionWay qui a dirigé l’étude. Pour le volet qualitatif de celle-ci, des entretiens d’une heure ont été réalisés avec « des jeunes de 16 à 29 ans avec des profils diversifiés, des étudiants, des actifs, avec un niveau de fréquence d’utilisation de l’IA » qui varie pour s’informer.

« 8% des Français utilisent une IA conversationnelle pour s’informer sur l’actualité » relève le sondage OpinionWay pour La villa numeris publié en octobre 2025 en indiquant qu’il s’agit d’un « public plutôt jeune » puisque 74% des sondés ont moins de 35 ans. Jean-Baptiste Leroux, estime que les jeunes « n’ont quasiment plus du tout de rendez-vous liés à l’information. Elle arrive à eux par un biais un peu détourné à travers leurs feeds ». Aussi, « sur une journée entière, ils sont exposés à l’information ». Pour lui, « les réseaux sociaux sont la première clé d’entrée vers des contenus qui peuvent être informationnels ». Il explique : « les informations arrivent par pastilles. Cela est perçu comme « moins pénible et moins anxiogène » contrairement à de « longues fenêtres d’information ».

Jean-Baptiste Leroux relève « la confiance dans les contenus à travers les signes apparents » à l’image des sources citées ou encore la connaissance de l’application. Ce sont là « des faisceaux de présomption de confiance », estime-t-il d’après l’étude.

Des médias ont compris ces nouvelles pratiques et consommations de l’information. En effet, Pierre Petillault, directeur général de l’Alliance de la presse d'information générale, évoque le Financial Times et la presse scandinave qui tendent à s’adapter aux usages » et proposent « une forme de personnalisation ».

Creuser

« Je me sers beaucoup de l’IA autant dans le côté professionnel que personnel », témoigne celui que nous appellerons Thibault, 29 ans, artisan alimentaire qui explique : « j’adore vérifier mes sources. Trop de fois, j’ai répété des choses qui n’étaient pas forcément vérifiées, donc maintenant, j’essaie de creuser un peu plus les sujets ». En effet, Jean-Baptiste Leroux revient sur la façon dont l’IA permet de « creuser » et « croiser » l’information mais aussi de synthétiser. Il souligne son aspect pratique « lié au smartphone » qu’on l’a « sous la main en permanence ». La simplicité est louée puisqu’on peut « poser la question » grâce au vocal.

De plus, l’IA générative offre la possibilité de « remettre en contexte l’information ». Il estime que « la vision des contenus des réseaux sociaux » par les jeunes est « assez précise ». David Lacombled, président de La villa numeris, le confirme : « on peut saluer les réflexes des jeunes qui ont conscience de ce qu’ils font ».

Pierre Petillault souligne que « les jeunes s’interrogent sur les sources » mises en avant par l’IA et « tendent à s’interroger sur le degré de confiance et la fiabilité ». Ce sont, note-t-il, « des réflexes très positifs ». Pour Pierre Petillault, « le film rejoint les conclusions qu’on voit émerger de l’enquête », en témoigne la confiance placée dans la presse écrite, en tête des médias.

Prendre conscience des risques

« L’accès sauvage à des contenus », « le détournement de l’audience traditionnelle des médias » ou encore « l’affaiblissement de la qualité de la production d’information de qualité », autant de risques soulevés par Jean-Baptiste Leroux quand on sait que « les usages vont évoluer très vite ». Pierre Petillault relève « la difficulté à faire la différence entre les sources et les plateformes elles-mêmes » quand les jeunes « s’interrogent sur la source et pas forcément sur l’IA elle-même, sur l’algorithme qui sous-tend le modèle de langage qui a poussé telle source plutôt qu’une autre ». Pour lui, il s’agit de « s’intéresser à la production de l’information et pas qu’à la consommation de l’information ».

Il rappelle ainsi que la presse est « la seule qui a un réseau local capillaire pour faire remonter l’information partout », forte de « 14 000 journalistes et de 30 000 correspondants sur le terrain » qui « alimentent la presse nationale, les médias audiovisuels, les IA, l’AFP, les créateurs d’information ». Or, le travail effectué « n’est pas forcément valorisé économiquement ni dans l’esprit du public. La production de l’information est une économie et il faut la financer », rappelle-t-il.

Pierre Petillault évoque le régime de responsabilité, issu de la Loi de 1881, auquel se soumettent les médias traditionnels. Il participe ainsi de la fiabilité de ce qui est écrit. Il fait également référence au label de la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) qui, sans aucun lien avec la ligne éditoriale des médias, « garantit le respect » des standards. Pour lui, « les clients B2B auront un degré d’exigence de ce qu’un chatbot produira en termes d’information ». Il est important d’effectuer de la sensibilisation et de l’éducation aux médias, dès l’école. Pour Pierre Petillault, le risque réside davantage « dans les outils que dans les producteurs de l’information ».

En guise de mot de la fin, David Lacombled conclut : « ce n’est pas que la machine qu’il faut apprendre à l’homme, mais aussi l’homme qu’il faut apprendre à la machine ».

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