#Replay Campus Live #5

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Evénement partenaires | PariSanté Campus x AGIPI

Penser et construire la santé de demain

Notre think tank participait au rendez-vous incontournable de l’écosystème de l’intelligence artificielle et du numérique en santé

Espace de dialogue et de réflexion collective sur les grandes transformations à l’œuvre dans le secteur de la santé, une édition du Campus Live s’est déroulé à Paris le 16 juin 2026 sur le site de PariSanté Campus.

AGIPI, association d’assurés pour l’épargne, la retraite, l’assurance emprunteur, la prévoyance et la santé, proposait une table ronde « Santé mentale et numérique : prévenir, détecter, accompagner » au cours de laquelle intervenaient, en partant de la gauche sur la photo (DR) Julie Salomon, directrice médicale de Qare, Charles Van Haecke, directeur des relations adhérents de AGIPI, Maria Duloquin, modératrice du débat, David Lacombled, président de La villa numeris, et Julia Néel Biz, fondatrice de Teale.

Maria Duloquin, modératrice : Pour clore notre série de tables rondes, un sujet trop longtemps perçu comme un angle mort de la transformation numérique, la santé mentale. Donc, cette table ronde nous est proposée par AGIPI. Dans le cadre de son partenariat avec Parisanté Campus, j'ai le plaisir d'accueillir sur la scène Charles Van Haecke, directeur de relation adhérents chez AGIPI, qui accompagne 800.000 indépendants et entrepreneurs dont 100.000 soignants sur les enjeux de prévention. Charles Van Haecke, s'il vous plaît. On a aussi Julia Néel Biz, CEO et cofondatrice de Teale, qui a réalisé un baromètre IA en santé mentale. On a aussi David Lacombled, le président de La villa numeris, expert sur les enjeux du numérique pour la société. Et on est ravis d'accueillir sur la scène Dr Julie Salomon, directrice médicale de Qare, leader français de la téléconsultation, assistant IA pour les médecins. Bienvenue avec nous aujourd'hui. Merci à tous être là aujourd'hui. On n'entend qu'un Français sur cinq souffrira d'un trouble mental dans l'année à venir. La technologie peut-elle changer le cours des choses? C'est ça qu'on va attaquer aujourd'hui. Pour donner un petit aperçu des états des lieux, je demande à David de nous donner un petit panorama où, étant aujourd'hui sur la rencontre entre santé mentale et l'IA.

David Lacombled, président de La villa numeris : Merci Maria pour cette invitation. Heureux de retrouver les équipes de Paris Santé Campus, qu'on peut saluer pour leur engagement et cette mobilisation du jour. Je dirige un think tank, La villa numeris, qui promeut un modèle européen du numérique affirmant la primauté de l'humain et qui était ici même il y a quelques semaines pour animer le 2e Santé & Tech Forum, précisément sur les enjeux de prévention. Qui dit prédiction, dit prévention. Rien de mieux qu'une application pour flatter nos goûts, pour anticiper nos souhaits et nos volontés. Et le secteur de la santé est certainement celui qui se prête le mieux au développement de la technologie. S'il promet de vivre un peu plus longtemps et un peu en meilleure forme. Il n'en reste pas moins que nous sommes dans un système français particulièrement efficace, mais qui est efficace dans la curation et dans son remboursement, et qui est moins adapté à l'anticipation et à la prévention. La moitié des Français interrogés par notre partenaire OpinionWay, qui présentait ses résultats ici même, regrette que le système de santé n'insiste pas assez sur la prévention. Pourtant, les applications concrètes existent et les Français sont prêts à les utiliser quand vous les interrogez, comme l'a fait OpinionWay, un Français sur deux sites l'IA dans l'imagerie médicale par exemple, spontanément, mais aussi dans le dépistage et également dans le diagnostic. Nos échanges ont également montré que l'intelligence artificielle apparaît comme une décharge cognitive pour les soignants, parce que si elle n'a pas vocation à les remplacer, elle peut contribuer à diminuer leur fatigue émotionnelle, notamment en matière de santé mentale. Enfin, et c'est un chiffre encourageant si je puis dire, puisque neuf Français sur dix considèrent, selon OpinionWay, que l'innovation transforme la médecine en profondeur. Et c'est une bonne nouvelle, ne serait-ce que pour nos débats.

Maria Duloquin : Julia, vous avez réalisé chez Teale un baromètre IA santé mentale. Qu'est ce que les Français font vraiment de l'IA aujourd'hui sur ce sujet ?

Julia Néel Biz, CEO et cofondatrice de Teale : On est une plateforme de santé mentale. Notre ADN, c'est vraiment de réfléchir à comment est-ce qu'on met le meilleur de la technologie et en particulier de l'IA, au service de la santé et de l'humain. Et donc on le fait à travers les organisations, mais aussi directement avec d'autres partenaires qui s'adressent à des gens qui ne sont pas forcément en organisation. C'est le cas notamment de notre partenariat avec Agipi pour s'adresser au sujet de la santé mentale des indépendants sur le sujet de l'IA et de la santé mentale, il y a deux choses qu'on regarde de près chez Teale. Il y a un côté qui est vraiment comment l'IA aujourd'hui a un impact sur notre santé mentale au travail. Et donc c'est vrai qu'on a créé le premier baromètre en partenariat avec une docteure en psychologie organisationnelle et avec un cabinet de conseil qui s'appelle Tomorrow Theory, pour comprendre aujourd'hui ce que font les salariés français et françaises avec l'IA. Ce qu'on a déjà vu, c'est qu'il y a 60 pour 100 environ des gens qui utilisent l'IA pour des raisons pro et perso. Donc c'est intéressant de voir qu'il y a les deux usages qui se superposent. Et il y a à peu près 25 % qui utilisent très régulièrement. Donc ça veut dire toutes les semaines ou tous les jours. Et il y a une grosse surreprésentation selon les âges. Et évidemment, j'allais dire en tout cas, ce qu'on voit, c'est que c'est. Il n'y a pas de distinction de genre, par exemple. Mais il y a une vraie distinction selon le niveau de diplôme et l'âge, donc les plus jeunes et les plus diplômés utilisent le plus. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas de tendance forte qui montre qu'il y a une dégradation ou une amélioration de la santé mentale due à l'usage de l'IA.

eut être parce qu'on n'a pas encore assez de recul sur les données. Mais ce qu'on voit, c'est que bien sûr, il y a plus de 60 % des gens qui nomment notamment l'effet positif sur la productivité, le gain de temps. Mais il y a quand même déjà un quart des gens qui parlent de déclin et du fait d'avoir peur de perdre du sens de leur valeur, ou en tout cas du sens de leur compétence. Donc, c'est des tendances qu'on regarde de près et qui nous invitent à réfléchir aussi à comment l'usage de l'IA dans le monde professionnel ou personnel, invite à l'aborder comme un sujet qui n'est pas seulement technologique, mais qui est aussi culturel et humain. Ça, c'est la première brique. Et ce qu'on regarde aussi de près, c'est comment est ce que les usages aujourd'hui qui existent de l'IA, et là je parle notamment des IA génératives, donc qu'on connaît Sous le nom de Gemini, Chatgpt, etc. Sont utilisés à des fins de. De soutien émotionnel, cognitif qui vont du développement personnel à parfois justement des usages qui sont plus problématiques, où la technologie se supplante, à un soutien qui devrait être humain. Et donc là, nous, c'est vraiment le cœur de notre réflexion produit et comment on va créer un produit qui est capable de préserver les potentialités que nous offre l'IA, et notamment l'IA générative à travers l'usage des LLM. Mais comment est ce qu'on peut créer des protocoles, des gardes fous pour éviter les risques et les dérives, notamment les la dépendance, le risque de renforcement des biais, etc. Et faire le vrai lien avec la thérapie et avec les services d'urgence quand c'est nécessaire.

Maria Duloquin: Charles. AGIPI accompagne 800.000 indépendants, dont 100.000 soignants environ. Quels besoins spécifiques émergent sur la santé mentale et à ce qu'on vient d'entendre?

Charles Van Haecke, directeur de relation adhérents chez AGIPI : Merci. J'ai une petite question : qui parmi vous est entrepreneur ou indépendant ? Est ce que vous pouvez lever la main ? Alors j'ai une bonne nouvelle pour vous. Alors les autres, c'est pas que je m'adresse pas à vous, mais en matière de santé, vous êtes mieux dotés que les indépendants et les entrepreneurs. Quand vous êtes salariés ou quand vous êtes fonctionnaire, vous avez des mécanismes collectifs de médecine du travail qui existent. Et aujourd'hui, à l'heure où on parle de start up nation, d'entrepreneuriat, à l'heure où on va ouvrir Vivatech, où on va célébrer l'entrepreneuriat, rien n'oblige, rien n'invite un entrepreneur à aller voir un médecin. C'est-à-dire que quand vous êtes entrepreneur ou indépendant, et bien finalement vous pouvez. Alors si vous avez de la chance, c'est bien. Et puis parfois, aller voir un médecin, ça peut être, ça peut être quelque chose de futile. Rien ne vous oblige à aller voir un médecin. Donc nous, chez Agipi, on s'est aperçu et ça a été la une envie que la prévention, c'était quelque chose d'un peu théorique et qui manquait d'esprit pratique. Et on a décidé, dans le cadre de la grande cause nationale autour de la santé mentale, de permettre à nos adhérents, grâce à Teale, de tester, de pouvoir apprécier leur forme et leur santé mentale. C'est quelque chose qui nous a vraiment interpellé et grâce à ça, il y a des adhérents chez nous, des entrepreneurs, des chefs d'entreprises qui se sont aperçus qu'ils avaient besoin de consulter. Il y en a certains qui ont eu besoin de de s'exprimer chez un psychothérapeute, chez un psychologue, des problèmes personnels, des problèmes professionnels et. Et ça, c'est quelque chose de concret et c'est quelque chose qui a des conséquences positives dans les entreprises parce que plus on est en amont concerné par le sujet, moins en aval on a besoin de médicaments, on a besoin de temps d'absence au travail, de difficultés qu'on peut rencontrer dans sa vie familiale ou sa vie professionnelle. Donc plus on va être en amont et plus on va rendre ce sujet le moins, plus ce sera bénéfique pour la société en général.

Maria Duloquin : Magnifique. Donc oui, sur l'autre côté. Alors donc on a le côté professionnel mais aussi le côté passion, Julie. Spécifiquement, qu'est ce qui change concrètement dans la demande des patients aussi ? Ça c'est lié aux propos de Charles. Mais dans la pratique du médecin surtout, est-ce qu'on voit des différences effectivement ?

Julie Salomon, directrice médicale de Qare : Quare c'est une société de téléconsultation agréée par le ministère de la Santé qui a dix millions de téléconsultations à son actif. On a environ entre huit et 10 000 téléconsultations par jour, dont 10 % en santé mentale. Et on s'est rendu compte que devant la demande qui était forte de prise en charge en santé mentale, on a à la fois des médecins généralistes qui font de la santé mentale, mais également des psychiatres. On a 350 psychiatres, des psychologues, donc à peu près ce qui se fait comme soignants pour la santé mentale, ils étaient à la fois très demandés et en même temps étaient un petit peu démunis sur l'entre consultation. Ce qu'on a remarqué, c'est que les patients allaient de consultation en consultation quand ils vont à la téléconsultation, parce qu'en fait, on a 10 % des patients qui souffrent de dépression, qui consultent un psychiatre pour différentes raisons d'accès aux soins, mais aussi de stigmatisation. Et l'avantage de la téléconsultation, c'est qu'on fait tomber plein de barrières, notamment liées à la stigmatisation et à l'accès. C'est-à dire que c'est un accès qui est rapide et facile. On a on a l'application dans la poche, il y a beaucoup moins de barrière psychologique, de prendre rendez vous chez le psychiatre, d'aller dans cet environnement un peu impressionnant, peut être une salle d'attente avec des fous, je ne suis pas fou, etc. Toutes ces stigmatisations qui freinent l'accès aux soins. Et donc en voyant ça, vous pouvez rigoler mais c'est vraiment un vrai frein. On se rend compte qu'il y a 30 à 50 % des épisodes dépressifs qui ne sont pas diagnostiqués, et 40 à 60 % des patients qui ne bénéficient d'aucune prise en charge adéquate, tout en ayant vraiment des besoins et des impacts à la fois sur les individus et sur la société.

Donc, les psychiatres, les psychologues, les médecins généralistes qui font de la santé mentale sur Qare nous ont un peu interpellé en disant est ce qu'on ne peut pas faire un peu plus? On a développé un programme d'accompagnement à la prise en charge en santé mentale qui s'appelle Mind, qui est un programme qui utilise dans l'application un parcours avec des contenus psychoéducatifs, de régulation émotionnelle, de gestion de l'activité physique, de l'alimentation, de tout, tout l'environnement du patient pour qu'il ait une part d'action dans sa prise en charge, en santé mentale et pour que le patient, entre deux consultations avec son soignant, ne baisse pas de motivation. On a aussi un tchat avec une infirmière, une psychologue, éventuellement une diététicienne pour ce qu'il faut. Et en fait, on essaye de maintenir à la fois la motivation de la prise en charge, la compréhension, la pédagogie qui doit être nécessaire pour que les patients adhèrent à leur prise en charge. On suit aussi l'observance thérapeutique, qui est un gros enjeu en santé mentale, parce que beaucoup de patients finissent par soit mal prendre, soit ne plus prendre leur traitement ou ne plus savoir s'ils l'ont pris. Donc tous ces éléments là, on essaye de les tenir un peu pour enfin de les soutenir pour accompagner cette prise en charge, avec l'espoir d'avoir une prise en charge qui s'inscrit vraiment dans la durée. Et côté médecin, ce qu'on remarque de façon générale et ce qui conduit beaucoup de médecins à faire de la téléconsultation, c'est l'envie d'avoir une activité qui soit multiple. Moi, je suis attachée aux urgences pédiatrique à Necker.

Je peux vous dire que le quotidien des urgences et encore, c'est de la pédiatrie, donc c'est peut être un peu plus soft que chez l'adulte. C'est extrêmement difficile d'imaginer faire ça toute sa vie, cinq jours sur sept, voire sept jours sur sept. Et donc, l'arrivée du télétravail chez les Non-soignants a donné beaucoup d'envie aux soignants en se disant et pourquoi nous, on n'est pas concernés? Et finalement, et encore plus en santé mentale, le télétravail, c'est la téléconsultation. Donc on a des plafonnements réglementaires qui font qu'on ne peut pas faire plus de 20 % pour 40 % pour la psychiatrie, mais 20 % d'activité distancielle, ce qui est très simple pour garder une activité clinique. Mais ça permet cette petite activité qui va permettre aux patients, aux médecins de souffler un peu. Il va être dans un environnement qu'il maîtrise mieux. Il n'a pas la pression de l'organisation logistique, des salles d'attente pleines, des rythmes imposés. Et ça, ça permet une meilleure, un meilleur bien être au travail. Pour les médecins qui ont vraiment l'impression de rendre service parce qu'en plus ils ont accès à tous les patients de tout le territoire, dès lors que le patient n'a pas de ressources locales, il peut avoir une demande qui qui va sur le reste du territoire. Et donc tout le territoire a les mêmes sources de qualité et d'expertise médicale, puisque à travers l'application, où que vous soyez, vous avez les mêmes réponses et les médecins sont confrontés à des demandes qui parfois sont de patientes tellement isolées qu'ils n'ont pas vu de médecin depuis très longtemps et que leur pathologie a beaucoup évolué. Donc ils ont l'impression de vraiment utile.

Maria Duloquin : Donc on voit vraiment l'utilité des outils numériques pour le côté patient, côté médecin, pour l'économie de notre pays et pour réduire le tabou sur ces sujets. Mais si on entre plus dans le soclage scientifique. Julia Qu'est ce que ça veut dire concrètement quand on construit une solution comme Tile, Comment l'IA peut vraiment améliorer la santé mentale?

Julia Néel Biz : Il y a comment l'IA peut améliorer. Donc ça c'est vraiment le côté les potentialités et le soclage scientifique qui est au début de votre question, qui est aussi essentiel comment l'IA peut améliorer, C'est vraiment de se dire On va pouvoir avoir de la prévention à très grande échelle à avec un accès 24 heurs sur 24, sept jours sur sept. Extrêmement facile, qui apporte un premier niveau. Et là, je pense notamment aux IA Génératives et à l'usage des LLM. Je vous parle pas de ce qui est détection etc qui existe aussi. Le problème ensuite, c'est effectivement tout ce qui va être les les dérives de ces modèles là, et comment est ce qu'on doit encadrer l'usage de l'IA pour garder ce côté pouvoir aider justement. Vous parliez très bien de 10 % seulement des gens qui sont atteints ou qui pourraient être diagnostiqués avec une dépression, qui qui consultent. Donc, 90 % qui ne consultent pas. Et donc ça peut être aussi un moyen très, très fort pour faire tomber ces tabous. Quand on est face à une IA, il n'y a pas de tabou. C'est très facile de poser une question et donc on va pouvoir faire un premier pas. Et ensuite, moi ce que j'entends en discutant avec des médecins psychiatres, des psychologues, mais notamment les médecins psychiatres de notre conseil scientifique, c'est qu'il nous dise l'usage de Chatgpt. Parfois, ça fait gagner un temps fou en fait, parce qu'on arrive en séance. Et en fait, il y a trois ou quatre séances qui ont déjà été faites sur Chatgpt. Donc les gens arrivent, ils savent nommer leur problème, ils me disent ce qu'on a répondu, etc. Et donc tout n'est pas à mettre à la poubelle là dedans, parce que ça veut dire que la personne a peut être pris conscience et surtout va expliquer.

Julia Néel Biz : Le psychiatre ou le psychologue peut même s'en servir de base pour dire ok, mais qu'est ce que vous pensez de la réponse etc. Tout le risque vient de deux choses. Et un qui est peut être encore plus grave que l'autre, ça va être de confondre l'usage d'un LLM avec ce qui n'est pas ou qui n'est pas. C'est pas un dispositif médical, c'est pas ça n'a pas été construit avec des psychologues et des médecins, c'est des IA généralistes aujourd'hui qui n'ont pas de garde fous scientifiques, Ça veut dire notamment un des gros problèmes, c'est qu'il y a un biais de confirmation. Donc en fait, ça va entraîner les gens dans leurs ruminations, parfois dans leurs délires de persécution ou dans des situations qui peuvent être vraiment dramatiques. Donc ce côté de biais de confirmation, on peut aider le LLM en protocole en faisant en sorte de mettre des gardes fous pour réussir à en sortir quand il se présente par exemple. L'autre chose, ça va être de savoir détecter et donc c'est il on a fait un choix qui est assez fort initialement, qui est de dire on va être plutôt plus en sécurité que pas assez. Donc, quand on a un doute, on redirige. C'est à dire que si jamais on a un doute sur la question qui va être posée dans notre application en se disant est ce que c'est quelque chose, un comportement qui peut être auto agressif ou dangereux, ou quelqu'un qui va vraiment pas bien? Dans le doute, on va toujours le rediriger vers des services d'urgence. Ça c'est pas la vocation d'un LLM classique non plus.

Maria Duloquin : Comment définir ce moment?

Julia Néel Biz : Alors ça peut être des recherches sémantiques, c'est justement des patterns, des protocoles qui sont identifiés avec des médecins et qu'on fait, qu'on refait, qu'on refait tourner en automatique pour voir si, dans 99,99 % des cas, sur des très grands volumes de requêtes dangereuses, le modèle identifie bien que c'est dangereux.

Maria Duloquin : Julie Vous avez développé une assistante IA pour les médecins. D'accord avec la philosophie de ramener de l'humain dans la consultation. Donc, concrètement, je pense que peut être on a évoqué comment l'IA peut aider à déshumaniser, mais où sont les limites cliniques ?

Julie Salomon : Alors effectivement, on s'est rendu compte que la le poids de tout ce qui est administratif jusqu'au même au sein de la consultation était quelque chose qui pouvait être une forme de frein à l'écoute et à la. La présence du médecin face au patient. Dans notre logique, l'IA n'est qu'un outil au service du médecin. Et c'est toujours l'humain qui a la main à la fin. D'un point de vue éthique, ça nous paraît le plus sain. Et puis de toute façon, les LLM, aussi bien entraînés soient ils, il y a toujours un risque qu'ils soient dans leur autonomie un peu défaillants, donc plus ou moins défaillants. Heureusement, il y a des gardes fous, mais malgré tout, on n'est jamais à l'abri d'une petite, d'une petite sortie de route. Donc le médecin reste toujours la main sur le sujet. Ce qu'on a choisi de faire, c'est de l'aider sur toutes les tâches administratives de la consultation. Ça commence par le questionnaire pré téléconsultation qui est fait en amont de la téléconsultation, sur des questions qui sont standardisées par rapport au motif du recours du patient. Et donc ce sont des questions qui vont être proposées dans un langage conversationnel qui rend le patient plus à l'aise dans son échange et plus à même d'amener des informations qui ne sont peut être pas forcément celles qu'on a demandé, mais qui va venir enrichir le patient valide la synthèse qui est proposée par l'IA, et cette synthèse est proposée au médecin qui va reprendre avec le patient.

Julie Salomon : Mais du coup, pouvoir aller beaucoup plus vite vers des questions qui sont plus pointues pour ce patient. Donc là, une première étape. Deuxième étape, on va aider le médecin à être plus dédié à son patient parce qu'en téléconsultation, il y a une obligation de compte rendu. Ce qui n'est pas fait dans toutes les consultations de ville. Et le compte rendu, ça demande à être tapé. Donc, en fait, on a une ce qu'on appelle une aide à la rédaction des comptes rendus qui va permettre de libérer les mains du médecin et sa concentration et peut être complètement dédiée. Et quand on est en téléconsultation, le langage non verbal est très fort et très important, et on n'a qu'un espace qui est la taille de l'écran pour arriver à analyser un maximum d'informations, voire on peut demander à mobiliser l'écran pour voir d'autres choses. Mais cette lucarne là, elle focus vraiment l'attention du patient vers le médecin. Donc chaque regard qui va ailleurs, il a beaucoup plus de poids que dans le présentiel et chaque temps passé aussi a plus de valeur et plus de poids. Julie Salomon : Donc il y a une espèce d'emphase sur toutes ces interactions. Donc quand le médecin est en train de taper à côté, il y a moins d'interaction et ça, le patient le prend, le prend plus, plus fort que quand c'est en présentiel où il a un contexte qui l'aide. Donc le fait de libérer ce temps là rend le médecin plus serein aussi parce qu'il sait que la consultation va être prise en note, en plus synthétisée sous une forme qui sera pertinente. Il va évidemment corriger et ajouter deux trois bricoles pour être sûr que ça correspond à ce que lui considère être transmissible. Mais le plus gros du travail est fait et ça, ça le soulage vraiment. Donc ça, c'est des exemples d'aides qui vont qui vont permettre au médecin de se dédier plus encore à l'interaction avec le patient, voire des éléments de langage non verbal que le patient n'a pas encore exprimé ou ne va peut-être pas exprimer si on ne le cherche pas parce qu'il est vraiment en train de le regarder et pouvoir avoir une interaction qui soit plus, plus intense.

Maria Duloquin : Merci. Charles, on entend des choses magnifiques. Mais c'est quoi le comment ? Poser la limite entre la prévention et la surveillance. Par exemple, côté assureur.

Charles Van Haecke : Il faut avoir des partenaires sérieux qui garantissent la confidentialité des données. Ça, c'est une, c'est une base, une évidence. J'entendais tout à l'heure Julia parler de, effectivement, des consultations, mais l'autre jour, nous étions avec Sophie Acosta, qui est ici présente de corps, et Sophie disait que il y a des millions de questions posées à ChatgPT sur des questions de santé par semaine aujourd'hui. Donc, trouver le partenaire qui va vous répondre avec la garantie que ce soit une réponse, je dirais, adaptée, c'est essentiel, mais je trouve qu'il y a une très bonne nouvelle. Et moi, je suis très heureux que Paris Santé Campus nous permette de nous exprimer ce soir. Et je remercie Antoine Tesnière pour ça, parce que la bonne nouvelle, c'est que depuis des années, la France, les Français, j'entends moi, que on est les champions du monde de consommation de psychotropes. C'est un. C'est un championnat du monde dont on pourrait se passer. Et la bonne nouvelle, c'est qu'avec les applis, avec ce qui est en train de se faire sur la démocratisation de la. Du sujet de la santé mentale, les Français vont avoir le choix de faire autrement que d'aller directement voir un médecin généraliste qui va prescrire un antidépresseur, antidépresseur, quelque chose qui va être qui avait été un peu automatisé par le passé.

Ma joie aujourd'hui, c'est de voir des gens qui qui vont sur Teale, qui vont chez vous pour recevoir un moment humain, un moment d'échange, même s'il est en téléconsultation, parce que le. Premier problème quand on souffre, que ce soit vous ou vos entourages, c'est l'incapacité à l'exprimer. Et moi j'aime bien cette formule, elle n'est pas de moi, «  la maladie, c'est le mal à dire ».

Donc si à travers une appli, à travers une téléconsultation, on est en train de multiplier les canaux et ça c'est une très, très bonne nouvelle, je pense, pour pour, pour nous, pour nos jeunes. Parce que malheureusement, le sujet de la santé mentale, c'est un sujet qui touche toutes les populations, et là on doit se concentrer, c'est pour les jeunes générations. Et ça c'est c'est l'enjeu. Et j'espère que cette grande cause nationale, elle va, elle va faire des émules pour des solutions auprès des ados, auprès de nos, nos nos jeunes et de nos enfants, pour qu'on ait des générations qui consomment moins de médicaments et qui soient plus heureuse grâce à des solutions qui soient moins violentes que la consommation de psychotropes.

Julia Néel Biz : Je voudrais juste rebondir sur ce que disait Charles. Effectivement, nous on travaille aussi avec des étudiants à travers des partenariats avec des écoles, des instituts d'études supérieures et on a fait un baromètre de la santé mentale des étudiants. C'est vraiment un sujet de santé publique et heureusement, je trouve qu'on en parle de plus en plus et on y fait de plus en plus attention. Mais c'est un vrai double sujet: l'usage de l'IA et la santé mentale des étudiants. Parce qu'en fait c'est des. C'est une génération qui n'est pas née avec l'usage de l'IA, mais qui qui a eu une adoption qui est vraiment exponentielle et extrêmement rapide et qui en même temps a assez peu conscience des risques que ça comporte. Et il y a notamment une étude qui est sortie il y a dix jours, il me semble, de la CNIL sur justement l'usage de l'IA chez les jeunes et qui montre à quel point un c'est répandu et deux il y a une mécompréhension des risques, des risques sur la sécurité des données que vous mentionnez, des risques sur le risque de dépendance, le rôle ou le rôle de l'IA s'arrête, etc. Et donc je trouve que ça pose aussi vraiment un sujet sociétal de se dire quel monde on a envie de construire avec l'innovation, et notamment quand on confie ces sujets là, ou en tout cas quand sociétalement la tendance est qu'on confie ces sujets là à des LLM généralistes, souvent pas français, pas dans l'Union européenne, etc. Et il y a des questions sur la santé mentale, sur les données, sur tout ça. Et je pense qu'on n'est qu'à l'aube de ce qui nous attend comme réflexion sur ces sujets.

Maria Duloquin : Oui, c'est clair, c'est c'est le début de ce sujet. On a parlé des jeunes, mais aussi je voulais parler côté employeur c'est quoi l'accouchement qu'on veut vraiment faire avec nos employeurs? Qui connait et ne connaît pas ? Mais le rapprochement de l'employeur à ses côtés, c'est quoi le rôle qu'il joue pour prévenir ?

Charles Van Haecke : En France, l'employeur est responsable de à peu près tout. Aujourd'hui, le chef d'entreprise y a des chefs d'entreprise autour de la table. Donc vous êtes responsable de la santé de vos salariés, vous êtes responsable. Puis, de plus en plus, on vous colle des responsabilités. Mais ça, c'est un c'est un sujet, un vaste sujet. Non, la question, c'est la question de l'engagement et la question de l'absentéisme. L'absentéisme, c'est quelque chose, on l'a vu depuis le. Malheureusement, depuis le confinement, on a une hausse de l'absentéisme dans les entreprises. Je pense que ce grand. Cette grande cause nationale autour de la santé mentale, ce n'est pas étranger à ce constat qu'on a fait dans un certain nombre d'entreprises sur sur l'absentéisme. Donc il est évident que mieux. Mieux prévenir. Mieux détecter. Mieux accompagner, ça aura Une conséquence économique simple et claire, c'est qu'il y aura moins d'absentéisme dans les dans les entreprises et donc une meilleure productivité.

Julia Néel Biz : Et ce que vous dites, moi, je m'en rends tous les jours, c'est la question qu'on nous pose de savoir. Il y a le rôle de l'entreprise, la responsabilité, l'intérêt de l'entreprise. L'intérêt de l'entreprise, C'est aussi celui que souligne Charles d'un point de vue purement financier, c'est baisser l'absentéisme, augmenter la productivité, la motivation et baisser le turnover du à la santé mentale. Et donc là, il y a un intérêt fort qui est un intérêt de de bas de bilan, qui est juste financier, pur. Ensuite, sur la question de comment est ce qu'on reste dans son rôle d'employeur et de ne pas devenir ni surveiller, enfin surveiller la donnée, etc. Ça passe par une gestion extrêmement stricte et de la donnée de qu'est-ce qu'on transmet? Typiquement, nous, c'est vraiment ce sur quoi on est attendu aussi par les les employés et les équipes, les organisations syndicales également pour expliquer comment est-ce qu'on gère la donnée pour qu'elles soient agrégées, anonymisées, stockées à minima, etc. Pour être sûr que le rôle de l'entreprise. Le but d'un dispositif comme ça, c'est bien de prendre soin d'avoir un impact positif sur des indicateurs de performance, mais pas de pouvoir nommément trouver qui a un problème et quoi que ce soit.

Maria Duloquin : Oui, c'est clair, on trouve déjà que facilitant l'accès aux outils comme Qare et comme Teale, c'est déjà une forme de prévention. On est beaucoup plus informés. Ça accélère aussi le diagnostic et l'accompagnement. Pour terminer, si l'audience ne devait retenir qu'une chose, c'est quoi le message principal que vous voulez faire passer ? Julie On commence.

Julie Salomon : En fait, il y a un facteur pronostique en santé mentale. C'est le délai qu'il y a entre le début des symptômes et le début de la prise en charge. C'est le seul, le seul qui est vraiment prouvé et qui est valable pour toutes les pathologies. Donc aujourd'hui, avec le retard d'accès aux soins qui est lié à la pénurie de psychiatres et et les les freins de stigmatisation, etc. On n'est pas très bien embarqué là dessus. La téléconsultation a vraiment un atout à jouer parce que justement, on fait tomber beaucoup de barrières et on va plus rapidement avoir des patients qui vont venir. Et d'ailleurs il y a des psychiatres qui nous disent que c'est étonnant, je vois des patients qui sont plutôt dans la maladie que ce que je vois en présentiel. Et donc ça, ça nous conforte. Là où je dirais attention, c'est que quand les IA génératives jouent le rôle de thérapeute, ce qui ne doit pas être, qui ne doit pas être, mais qui malheureusement est parfois fait, et notamment par les jeunes. Le risque, c'est qu'il y a un retard de prise en charge parce qu'en fait, ils vont se complaire dans cette interaction avec une illusion de relation Un outil qui simule l'empathie très bien, qui va probablement ou qui peut mener à un retard de demande d'aide, en ayant l'impression qu'on arrive à gérer tout seul ce qui est confortable puisqu'il n'y a pas de jugement, etc. Et donc ce retard de prise en charge peut être délétère. Donc voilà, c'est intéressant comme outil d'attente pour atteindre le soignant, mais il ne faut pas retarder de trop le soignant et ça peut soutenir la prise en charge du soignant quand c'est contrôlé aussi.

Maria Duloquin : Donc s'informer mais passer à l'action et prendre rendez-vous quand même. On peut dire aux ados ou à tout le monde.

Charles Van Haecke : Je vais vous paraître un peu iconoclaste dans la réponse à la question. Je ne sais pas si vous avez vu le récent film sur De Gaulle, mais de Gaulle c'était un grand avec des grandes phases de dépression. Mais il a réussi quand même à nous sauver. Et il y en a un autre de l'autre côté de la Manche qui a réussi à nous sauver, qui était aussi parait il un peu dépressif, c'est Churchill. Donc ça nous donne un bel espoir personnel sur nos propres vies. Et il y avait et je vous partage cinq leçons de vie de Churchill. La première, c'était toujours viser plus haut. La deuxième, c'est rien ne vaut le travail. On est dans un environnement professionnel et le travail, ça doit être une source de bonheur. Parce que j'ai une bonne nouvelle pour vous, c'est en ces temps qu'on consacre le plus dans nos journées donc l'équilibre vie professionnelle, vie personnelle. Moi j'y crois pas une seconde. Il y a un déséquilibre. Vous passez plus de temps avec vos collègues, avec vos associés, avec vos actionnaires qu'avec votre famille ou vos amis. Donc c'est ce temps là qui doit avoir une influence positive sur le temps que vous avez passé à titre personnel, et pas l'inverse. Donc ça c'est une deuxième point. Donc il disait rien. Toujours viser plus haut. Rien ne vaut le travail. Ne jamais céder à la déception. S'éloigner le plus possible de la méchanceté. Et ça, c'est une marotte que Julia connaît. Puisqu'on en a déjà parlé, privilégiez la joie, donc débrouillez vous. C'est la première thérapie pour vivre avec des gens qui soient joyeux, qui vous fassent rire et passez au moins dix minutes à rire par jour. Déjà, c'est une bonne. C'est une bonne idée en tout cas si vous voulez venir chez AGIPI, nous on se marre bien. Donc vous êtes les bienvenus.

Maria Duloquin: Merci à vous. Nous rappelez aussi de réduire le tabou sur la santé mentale. Et merci à Xavier Gorce de nous faire rire aussi pendant toute la journée.

David Lacombled : On voit bien qu'on est sur une ligne de crête entre ce qui relève de la surveillance et du monitoring, et de la détection des signaux faibles qui dit jusqu'à quel point on est prêt à être monitorer. Et quand je vois qu'un million de nos compatriotes sont dans le même temps à compter leurs nombres de pas aujourd'hui, je me dis qu'on est quand même globalement prêts à bien accueillir la technologie et les IA. Moyennant quoi, il y a une pression de la technologie et si on ne s'humanise pas, on sera remplacé par des robots. Et donc ça pousse l'exigence d'humanité à tout un chacun. Et donc il nous revient de jongler avec les IA, de les prendre en main et donc de s'astreindre peut être à dix promptes par jour et dix pompes aussi, pourquoi pas pour les plus téméraires.

Julia Néel Biz : Moi je reviendrai juste à la mission de Teale. Notre mission, c'est de démocratiser la santé mentale et de faire en sorte que chacun et chacune puisse en prendre soin de façon positive et préventive. Et il faut toujours se rappeler que la technologie, l'IA, c'est un moyen pour servir une fin. Et donc il ne faut pas être pris dans une fascination technologique comme on le voit un peu aujourd'hui, notamment autour de la frénésie de l'IA.

A noter : la transcription a été générée par une solution d’intelligence artificielle.

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