Médias en Seine

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Haine en ligne, infox… qui doit intervenir?

Alors que les discours de haine et les campagnes de manipulation sont en très nette évolution, le Festival Médias en Seine consacrait une table ronde au phénomène.

David Lacombled, président de La villa numeris, participait à cette rencontre avec Divina Frau-Meigs, présidente de l’ONG Savoir Devenir, Cédric O, secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, et Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch, l'Observatoire du conspirationnisme.

Cédric O a pris soin de distinguer la haine en ligne de la désinformation. soulignant qu’il y a «un sujet de l’efficacité de la répression de la Justice qui se heurte à la viralité et à la massification de la des contenus pour lesquels nos institutions n’ont pas été pensées». Pour le secrétaire d'Etat, «Il faut que les gens aient peur de la Justice si on veut éviter qu’ils se livrent à toutes les exactions qu’on voit en ligne». Par ailleurs, selon lui «il y a un sujet autour des très grosses plateformes qui sont un accélérateur de la viralité des contenus qui ont désormais une empreinte dans notre scène démocratique, sociale, et sociétale, qui en font des agoras monopolistiques» (…) pour lesquelles «il faut mettre en place une réglementation spécifique pour prendre en compte le réel qu’elles jouent.»

David Lacombled a rappelé que «chaque crise amplifie le phénomène qui a connu une nouvelle apogée avec la crise du Covid-19». «Pour de plus en plus de pays, la propagande est un levier d’influence pour affirmer leurs modèles prétendument efficients visant à cacher leurs propres manques ». Regrettant que les «démocraties attaquées restent timorées, alors que le phénomène est désormais connu et largement partagé», pour le président de La villa numeris «on a l’impression qu’on hésite à mettre les moyens pour lutter efficacement.»

Cédric O reconnait que «pour une démocratie, c’est compliqué.». «Certainement, y-a-t-il une responsabilité de l’Etat. Mais dès lors que l’Etat touche au sujet journalistique et de la presse, c’est toujours extrêmement inflammable pour des raisons légitimes et très compréhensibles». Selon lui, «c’est un sujet pour les médias eux-mêmes».

Selon David Lacombled, « Si on est dans une solution descendante, elle sera perçue comme condescendante par les citoyens». Pour lui, «dans ce qui est devenu une véritable guerre informationnelle, il faut se doter d’une doctrine et mettre en place des actions pour changer de braquet» par «la création d’une agence indépendante, par la société civile pour porter une véritable riposte, dans le respect des des valeurs démocratiques, pour signaler les cas, pointer du doigt ceux qui disent n’importe quoi» avec «des prérogatives en matière de veille, d’analyse, d’investigation, de signalements juridiques». Il faut «prendre les manipulateurs de l’information à leur propre jeu».

«Je trouve l’idée très intéressante» réagit Cédric O ajoutant «je ne suis pas du tout certain qu’elle soit complètement favorablement accueillie du côté journalistique puisqu’on va retomber sur le même sujet : qui décide, qui a le droit d’ester en justice ?». En tout cas, «il faut qu’on ait le débat» car le «fact checking s’il est indispensable ne suffit pas»

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