Les Assises de l'IA pour l'École

Interview

«L'IA est aussi un combat économique et international»

Les Assises de l'IA pour l'École se déroulaient, pour la première fois, jeudi 13 décembre à l'Institut de France, avec la participation de La villa numeris. Guillaume Leboucher, fondateur de l'association «L'IA pour l'école», répond à nos questions.

La villa numeris : Comment et pourquoi sont nées les Assises de l'IA pour l'École ?

Guillaume Leboucher : L’intelligence artificielle (IA) qui apparaît comme étant le cœur des nouvelles technologies ouvre un champ des possibles inégalé, avec ses avancées et ses opportunités, ses peurs et ses fantasmes. Elle va s’appliquer à la société dans son ensemble et la transformer en profondeur. Jamais nous n’avons été confrontés à une innovation aussi impactant pour le futur de nos organisations économiques et sociales.

L’école, ce lieu si essentiel dans la cohérence de nos sociétés et de nos humanités va aussi être bouleversée par cette révolution numérique ; cette école que nous connaissons et que nous aimons ; cette école qui accueille sans distinction tous les élèves et qui doit permettre à chacun de trouver sa place dans la société par la transmission des savoirs et des valeurs ; cette école va devoir intégrer et penser la technologie comme un renfort au service de la diffusion des connaissances.

Les enjeux et les défis sont immenses pour permettre à nos élèves d’acquérir les savoirs fondamentaux et se construire avec discernement dans un monde de plus en plus technologique où les questions de l’éthique et du sens seront fondamentales.

Pour toutes ces raisons, l’association « l’IA pour l’école » a pour ambition de développer les échanges, d’identifier des bonnes pratiques, de mettre en avant certaines initiatives, de partager des réflexions, d’organiser des débats entre acteurs de l’éducation et professionnels de l’IA et du numérique.

Au sein de l’IA pour l’école, nous sommes convaincus que l’Éducation est un sujet prioritaire et que seule une mobilisation de l’ensemble des parties prenantes permettra de dessiner l’école de demain. Une école qui devra intégrer les opportunités offertes par l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies comme l’apprentissage personnalisé et adapté à chaque enfant mais qui devra aussi permettre au professeur de conserver et de renforcer son rôle essentiel : transmettre les connaissances et accompagner les élèves.

Les premières Assises de l’IA pour l’école se déroulent devant un public d’enseignants et de chefs d’établissement. Le choix du lieu et partenariat avec l’institut de France témoigne de l’importance de sujet et la nécessité de partager ce débat avec les plus grands savants de notre pays.

LVN : L'IA va-t-elle vraiment transformer l'école ? Comment ?

Guillaume Leboucher : Depuis quinze ans, nous vivons un véritable Tsunami Numérique qui transforme notre relation au travail, notre rapport à la propriété, notre façon de consommer, notre façon d’échanger, notre façon de nous déplacer mais aussi notre façon d’apprendre.

Multiplication des plateformes numériques, apparition des agents conversationnels et des agents algorithmiques, explosion des données, disponibilité immédiate de l’information : autant d’exemples de nouvelles technologies et de nouveaux outils venant de l’intelligence artificielle qui vont s’imposer au monde éducatif.

Dans ce contexte nouveau, l’intelligence artificielle, associée aux nouvelles connaissances qui s’ouvre sur le fonctionnement du cerveau, va transformer aussi bien les techniques d’apprentissage que les modes d’enseignement.

LVN : Quels sont les atouts de la France pour mener la bataille de l'IA ?

Guillaume Leboucher : La France a de nombreux atouts : le niveau élevé des ingénieurs, les formations et le cursus données par les universités et les écoles d’ingénieurs permettent de rentrer dans ce niveau monde. En revanche il est important de porter la bataille de l’IA au niveau public et de créer une prise de conscience. L’IA n’est pas simplement un enjeu technologique et éthique, il est aussi un combat économique et international. Les pays qui ne s’engagent pas dans le sujet de l’IA risquent d’être satellisés et d’être dépendants. La France réussira si elle continue la prise de conscience qu’elle a opérée depuis 1 an

:: Pour aller plus loin :

>> Voir le site de L'I.A pour l'école

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